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Blog Saveurs et Harmonie
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L'histoire du thé: le commerce du thé (VI)

Robert Fortune tient un journal très précis, consignant ses observations de botaniste et prenant grand soin de l'emballage des plants et graines achetés car il les sait très fragiles. Il relate aussi les aspects philosophiques de la civilisation du thé qui le passionne.

Il ramène à Calcutta 85 spécialistes chinois qui partent conseiller les planteurs en Assam et Darjeeling, et plus de 25000 plants pour les contreforts himalayens et pour Ceylan, où la culture se développe, les hauts sommets de l'île présentant de bonnes conditions de sol et de climat.

Un écossais, James Taylor, arrive à Ceylan en 1866, alors qu'un parasite est en train de détruire les plantations de café. Il cultive du thé sur 8 hectares, le manufacture et en 1873 en expédie 10kg à Londres.

Les planteurs de café se reconvertissent en masse et en 1890, 23000 tonnes quittent l'île. Le thé de Ceylan éclipse le thé de Chine et les différents terroirs ( Kandy, Uva, Dimbulla et Nuwara Eliya) rivalisent dans le cœur montagneux de l'ile: les hautes terres ont un climat favorable, même si l'exposition aux vents d'est ou d'ouest impriment leurs particularités aux récoltés. Les terres aux sols acides et l'humidité sont optimales. Les thés d'altitude (High grown) ont l'avantage de plonger leurs racines dans un sol bien drainé.
Rédigé le  24 mai 2020 9:33 dans Causeries/Dégustations  -  Lien permanent
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L'histoire du thé: le commerce du thé (V)

L'histoire du thé: le commerce du thé (V) De nombreuses plantations de thé sont ouvertes dans la jungle par des planteurs européens et des employés locaux ou recrutés dans toute l'Inde, les " coolies" dans des conditions épouvantables ( malaria, choléra, fièvre jaune, dysenterie,...). Les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des efforts entrepris, la quantité remplaçant souvent la qualité et les procédés de traitement des feuilles sont loin d'être percés.

C'est ce à quoi va s'atteler un botaniste anglais, Robert Fortune (1813-1880) requis pour pénétrer dans les régions des meilleurs thés (alors interdite aux étrangers ) et se procurer des plants et des graines et surtout étudier les modes de préparation des feuilles pour produire les thés noirs, rouges ou sombres et les thés verts. Il se déguise en marchand chinois du nord: ayant herborisé dans la région de Pékin 3 ans, il possède la langue, connaît tous les usages et peut ainsi ne pas éveillé les soupçons.

Remontant les fleuves en bateau ou voyageant par les collines en chaise à porteur, il étudie les sols, les techniques de cueillette et de transformation des feuilles et apprend que la qualité de la boisson dépend beaucoup de la qualité de l'eau: malgré bien des périls, sa quête émerveillée le conduit à travers plantations de thé, manufactures et monastères à percer les mystères du thé.
Rédigé le  24 mai 2020 9:28 dans Causeries/Dégustations  -  Lien permanent
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L'histoire du thé: le commerce du thé (IV)

L'histoire du thé: le commerce du thé (IV)Les britanniques envisagent sérieusement de se passer de la Chine, en songeant à une possible acclimatation des théiers dans les Indes anglaises.

Le botaniste Sir Joseph Banks déclare dès 1788 que le climat des Indes doit être favorable à la culture du thé mais on ne connaît que peu de choses sur la culture et le traitement du thé dont le secret est jalousement gardé, aussi bien par les chinois que par les japonais.

Lord Bentick, nommé gouverneur de l'Inde en 1828, créé le comité du thé en 1834, en réunissant 7 agents de l'East Indiana Company, 3 marchands de Calcuta et 2 notables indiens.

Or, dès 1828, l'East India Company reçoit le rapport d'un major écossais, Robert Bruce, faisant état de théiers sauvages en Assam, région frontalière du Yunnan et du Sechouan, d'où proviennent les meilleurs thés. En 1834, son frère, Charles-alexandre, se rend dans cette région, repère les théiers, défriche tout autour et créé la première plantation en Assam.

En 1838, 12 caisses de thé quittent l'Assam pour une vente aux enchères à Londres, qui suscitent l'enthousiasme des courtiers de Mincing Lane (Bourse des denrées coloniales). Le thé de l'Empire Britannique n'est plus un rêve mais une réalité : les jardins de thé d'Inde peuvent concurrencer ceux de Chine!
Rédigé le  24 mai 2020 9:05 dans Causeries/Dégustations  -  Lien permanent
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L'histoire du thé: le commerce du thé (III)

L'histoire du thé: le commerce du thé (III)Les anglais ont de plus en plus de difficultés à importer leur thé de Chine car un édit de l'empereur exige de le payer en métal-argent. L'empire du Milieu à fait le choix de l'autarcie et ne laisse aucun "barbare" occidental régenter les opérations commerciales, celles-ci étant monopolisées par la Compagnie des marchands de Canton.

Grâce à leur colonie des Indes, les anglais cherchent à créer des besoins en Chine pour récupérer une partie du précieux métal: ils introduisent le coton du Bengale puis dès 1773, l'opium, organisant l'intoxication de la population, par l'intermédiaire de hauts-fonctionnaires corrompus, malgré les édits impériaux.

Devant la résistance de l'état chinois, le Royaume-Uni déclenche en 1842 et 1856 les "guerres de l'opium": expéditions militaires, avec des canonnières remontant les fleuves et détruisant les ports et les cités sans craindre de riposte équivalente! La victoire leur permet de s'établir dans plusieurs ports chinois et d'obtenir l'île de Hong-Kong comme base commerciale autonome.

Rédigé le  23 mai 2020 9:51 dans Causeries/Dégustations  -  Lien permanent
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L'histoire du thé : le commerce du thé (II)

L'histoire du thé : le commerce du thé (II)Dans les années 1790, les navires continentaux se font moins nombreux,  à cause de la révolution française et des guerres qui se sont en suivies sur le continent européen. Mais les américains viennent d'arracher leur indépendance a la Couronne britannique, justement à cause des taxes qu'ils devaient payer sur leur boisson favorite et après la Boston tea party (45 tonnes jetées à la mer en 1776) et leur guerre d'indépendance (1776-1783) les taxes sont abolies, les navires américains peuvent s'approvisionner en traversant le Pacifique.

Dans les années 1800-1809, sont venus à Canton, 469 navires anglais, 37 continentaux mais 304 américains.  Et c'est le thé qui les attire: il constitue plus de 80% de la valeur des cargaisons, les soies venant juste après.

Bien entendu, les porcelaines et les laques constituent le lest en fond de cale mais la production chinoise est de plus en plus copiée par les manufactures européennes qui fabriquent des "faux chinois".
Le thé on ne sait pas le copier, du moins pas encore!
Rédigé le  23 mai 2020 9:29 dans Causeries/Dégustations  -  Lien permanent
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L'histoire du thé : le commerce du thé (I)

L'histoire du thé : le commerce du thé (I)Les portugais en 1505 s'installent sur la côte de Sinhala (Ceylan), décrètent leur monopole sur le commerce des épices.
En 1658, les hollandais prennent le contrôle du littoral et établissent le fort de Galles à la pointe sud, comme comptoir pour leur navires sur la route du Japon et de l'insuline (la Chine, elle, refuse les commerçants étrangers ). Des phares sont édifiés sur tout le pourtour de l'île qu'ils dénomment Zeilan.

Après s'être octroyé le monopole du commerce du thé avec la Chine en 1715, le Royaume-Uni le taxe lourdement, ceci entraînant une active contrebande.
Le marché noir prospère mais l'East India Company pâtit de cette concurrence déloyale et doit se faire le gendarme des mers.
La qualité du thé en pâtit aussi car des négociants peu scrupuleux le coupent avec d'autres feuilles (aubépine, hêtre !). Il faut dire que les véritables amateurs sont rares et que le goût du thé noir serait venu aux anglais parce que du thé embarque vert a Canton, aurait oxydé dans les cales, aurait été apprécié tel quel et aurait été redemandé.
Rédigé le  23 mai 2020 9:20  -  Lien permanent
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